20 oct. 2009

The show must go on.

Face à la crise (existentielle et pas économique) qui touche l'industrie musicale depuis quelques années, et qui s'est intensifiée récemment, plusieurs groupes réalisent qu'il sera très difficile de faire de l'argent à court terme avec leur musique. La solution s'impose alors: miser sur les spectacles et la marchandise promotionnelle pour vivre de leur art.

Quoiqu'on puisse croire, cette situation ne touche pas que les artistes émergents; les artistes établis savent qu'ils devront revoir leur façon de faire de leur musique une business. Un exemple marquant est le légendaire groupe KISS, pour lequel tous les produits dérivés imaginables existent, du classique t-shirt au condom.
La raison pour laquelle la marchandise promotionnelle et les spectacles sont encore rentables est simplement qu'ils ne peuvent pas (ou très difficilement) être copiés et partagés sans encourir de frais; quand un fan achète un t-shirt, il ne peut pas le copier à l'infini pour donner à ses amis, comme il est aisé de le faire avec un fichier de musique.

Plusieurs groupes ont déjà compris l'importance que prenait les spectacles dans l'industrie. Alors que les spectacles ont été pendant plusieurs années une façon pour les groupes de mesurer le nombre de gens qui les appréciaient, ils semblent sur le point de devenir le moyen privilégié pour les fans de faire savoir à leurs groupes préférés qu'ils les appuient.
Dans une perspective visant à attirer le plus de gens possible aux spectacles, le groupe Blink-182 a récemment mis sur pied une tournée « abordable » pour laquelle ils exigent des salles de spectacles et des promoteurs d'offrir des billets à 20$, incluant les taxes, les frais de service et le stationnement, ce que le Colisée a finalement refusé.
Le groupe québécois eXterio, dont j'ai parlé dans un article précédent, a choisi d'utiliser ses spectacles pour vendre en exclusivité la troisième partie de son "Album Monstre", les deux premières partie étant vendues respectivement en magasin seulement et en ligne seulement.

De plus, comme je le faisais remarquer dans mon article précédent, plusieurs promoteurs indépendants offrent des spectacles dans des salles plus petites, à coût moindre, en pouvant tout de même se permettre d'inviter des groupes jouissant d'une excellente réputation auprès d'un public exigeant: le public de la scène underground. Des groupes comme Do Make Say Think, Isis ou Nadja qui ne joueront pas dans un amphithéâtre s'ils ne sont pas la première partie se retrouveront à la tête d'un spectacle dans une petite salle de 1200 personnes à 20 ou 25 dollars du billet.
Ces petites salles sont monnaie courante à Montréal, mais sont malheureusement plus rares à Québec. Et je ne parle pas ici de bars dans laquelle une scène est aménagée, mais bien de petites salles de spectacles comme la Sala Rossa et le Métropolis à Montréal ou le théâtre Petit Champlain et l'Impérial à Québec.

Finalement, même si des salles de taille intéressante manquent à Québec, il ne faut pas oublier que l'importance et la popularité des spectacles sont en hausse et amèneront peut-être, et il faut l'espérer, des promoteurs, ou simplement des gens qui cherchent à investir en culture, à construire des salles permettant des spectacles abordables. Il est grand temps que les groupes en tournées canadiennes s'arrêtent à Québec. Il est grand temps qu'on se rende compte que la musique ne peut survivre sans fans et sans profits. Il est grand temps que les fans aident réellement les artistes à continuer à faire la musique qui nous accompagne dans tous les moments de notre vie.

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