20 oct. 2009
The show must go on.
3 juin 2009
De la poésie...
31 mai 2009
24 mai 2009
Kalembourg - Je m'écrase [L'aquarium (2001)]
D'un coeur qui s'entasse entre deux continents
J'ai le sourire en larmes
Larmes d'une pluie, d'une vague qui se fracasse dans mon inconscient
Je respire ton charme
Silence joufflu qui me fait rougir
Éclair tordu dans mon long soupir
J'ai le calme à l'inverse, mais l'averse m'accalme
Regards qui parlent, écarts qui s'exclament
Ne font qu'amplifier la minuterie
Qui tic tac mon âme.
Et les mots soufflés à l'oreille
Et ta douceur sans pareil
Me rendent sourd
Et les touchers à fleur de peau
Qui font un vrai vacarme
S'exposent en défaut et m'explosent le crâne
Je m'ennuie d'un réveil et les distances sans pareil
Me rendent lourd
Fumée qui me berce
Qui se déverse dans ma coupe rouge,
Rouge ciel, rouge qui me découpe
Fais-moi revivre, fais-moi revenir
Silence joufflu qui me fait rougir
Éclair tordu dans mon long soupir
J'ai le calme à l'inverse, mais l'averse m'accalme
Regards qui parlent, écarts qui s'exclament
Ne font qu'amplifier la minuterie
Qui tic tac mon âme.
Et les mots soufflés à l'oreille
Et ta douceur sans pareil
Me rendent sourd
Et les touchers à fleur de peau
Qui font un vrai vacarme
S'exposent en défaut et m'explosent le crâne
Je m'ennuie d'un réveil et les distances sans pareil
Me rendent lourd
D'une tête qui tourne et d'un coeur qui s'entasse entre deux continents, je m'écrase...
Paroles: Louis-Jean Cormier
20 avr. 2009
14 avr. 2009
Scalp it!
Le 4 avril dernier à 10h, les portes de billetteries de la ville de Québec s'ouvrent devant plusieurs centaines de fans prêts à acheter leurs billets pour le spectacle de Metallica le 31 octobre prochain. À ce moment, Stéphane Marceau (voir la première page des journaux du 5 avril) faisait la file depuis déjà près d'une journée au Colisée Pepsi. Les premiers billets qui lui ont été offerts étaient situés dans les galeries et, bien que la pré-vente ait été très forte à cause de l'histoire de mot de passe qui circulait librement, on se demande quand même comment ils ont pu lui trouver des billets qui, techniquement, n'existaient plus à ce moment-là.
Si on en croit ce que Trent Reznor, chanteur de Nine Inch Nails, affirme sur le forum du site web du groupe, nin.com, les promoteurs mettent de côté des billets qu'ils revendent à ceux qu'on appelle plus souvent des scalpers, qui eux revendent les billets au prix qu'ils évaluent selon l'offre et la demande, en ajoutant à l'équation la qualité du siège parce que, si on se fie au marché, le public est prêt à payer plus chers pour certain billets que le prix qui est demandé en billetterie.
Quelques minutes seulement après la mise en vente officielle de billets de spectacles, il est facile de retrouver sur des sites de revendeurs affiliés (par exemple, TicketsNow donne un pourcentage de ses ventes à Ticketmaster) des billets de spectacle qui valent 195$ (pour le spectacle de Céline Dion au Centre Bell) à un prix allant de 500 à 1500$.
Une part d'artistes se battent contre cette pratique (Pearl Jam a poursuivi Ticketmaster, il y a une dizaine d'années, Bruce Springsteen plus tôt cette année) mais d'autres acceptent et trouveront normal de vendre un billet au prix que les gens sont prêt à le payer. Ils ne le diront pas parce que c'est un manque flagrant de respect envers leurs fans, mais le fait de faire plus d'argent leur paraît apparemment plus important.
Les lois de quelques provinces canadiennes tentent de réglementer et de punir les scalpers, mais des compagnies comme Ticketmaster et Live Nation les protègent parce qu'ils sont des partenaires commerciaux. Des enquêtes sont présentement en cours afin d'associer directement TicketsNow et Ticketmaster, et de prouver qu'il y a fraude envers les acheteurs de billets. Un recours collectif contre Ticketmaster est même déjà en route afin de rembourser les fans de Bruce Springsteen qui ont été redirigé automatiquement sur le site TicketsNow lors de la mise en vente des billets pour son spectacle de Toronto.
Avec la fusion possible de Ticketmaster et Live Nation (les 2 plus gros vendeurs en Amérique), le danger est un monopole sur le contrôle des amphithéâtres et arénas. Il existe bien sûr des promoteurs indépendants, mais leur pouvoir s'arrête aux petites salles car ils n'ont pas les moyens nécessaires pour faire affaires avec des artistes capables de remplir un stade, un amphithéâtre, etc.
Un nouveau moyen de vendre les billets (ironiquement mis en place par Ticketmaster), qu'on appelle paperless, permettra aux fans de simplement présenter la carte de crédit avec laquelle ils ont acheté leurs billet ou une autre pièce d'identité afin d'avoir accès à la salle de spectacle; aucun échange de billets n'aura lieu, ce qui évitera la possibilité de revendre le billet. Ticketmaster souhaite ainsi éliminer le scalper selon sa définition la plus populaire en s'assurant que la personne qui achète le billet est la personne qui ira au spectacle.
Nous ne sommes malheureusement plus à l'époque où les scalpers étaient les ennemis des promoteurs et des artistes. Ils sont maintenant du côté de ceux-ci, et ils nuisent aux fans. Dans une situation globale où la musique se bat pour survivre, on verra soit la fin des grands spectacles en stades à prix abordables, soit l'arrivée de dizaines de promoteurs indépendants qui s'associent afin d'offrir le meilleur spectacle au meilleur prix possible au plus grand nombre possible, afin de permettre à la musique de continuer à avoir toute la visibilité qu'elle mérite.
17 févr. 2009
The Times They Are A-Changin’
Le monde de la musique, et plus particulièrement de la distribution au public, a beaucoup évolué au cours des 30 dernières années. Il se retrouve aujourd'hui à un point critique qui pourrait, selon certains experts, amener la fin de la vente d'albums et le début de la gratuité de la musique. Lars Ulrich, batteur de Metallica, a poursuivi Napster en 2000 parce que le logiciel rendait disponible illégalement leur musique. Aurait-il alors dû aller plus loin? Est-ce que l'industrie peut se sauver elle-même de la crise à laquelle elle fait face depuis quelques années?
Au Royaume-Uni, au début de décembre, les compagnies de distribution de musique indépendante Pinnacle Entertainment et Entertainment UK (EUK), responsables de la distribution de la musique de plus de 400 maisons de disques indépendantes, éprouvent de graves problèmes financiers qui les mènent à la faillite. Chez nous, Distribution Fusion III s'est placée sous la protection de la Loi sur la faillite au début du mois de décembre, et a dû renvoyer des milliers d'albums à des étiquettes de disque indépendantes, dont environ 12 000 au label jazz Effendi, tel que rapporté par Alain Bédard, président de l'étiquette, à cyberpresse.ca. Encore au Royaume-Uni, la chaîne de magasins Woolworths (qui était fournie par EUK) ferme progressivement ses magasins, et la chaîne Zavvi envisage opter pour la même solution. Souvenons-nous que la chaîne Music World, qui était alors la dernière chaîne canadienne de magasins de musique, a définitivement fermé les portes de toutes ses succursales à la fin de l'année 2007.
À différents endroits, des obstacles semblables perturbent le monde de la musique. L'hypothèse la plus répandue est bien sûr celle qui accuse le téléchargement illégal de musique. Même le téléchargement légal, que ce soit par iTunes, Archambault Zik ou Amazon, nuit au format CD. Bien que le téléchargement soit évidemment en partie responsable des problèmes de l'industrie, il faut aussi chercher ailleurs, parce que, bien que les ventes de CD soient en baisse partout, les ventes de vinyles sont en hausses, et les boutiques indépendantes les offrant se multiplient. Même les grandes chaînes, qui n'ont pas le choix de suivre la tendance si elles veulent attirer cette clientèle, ont maintenant des sections réservées à ces ancêtres du CD.
Pour survivre, tous devront faire preuve d'ingéniosité, et innover dans les domaines sur lesquels ils ont le plus de contrôle. Pour plusieurs artistes, ce sera dans les méthodes de distribution de leurs albums. Comme l’ont fait les groupes Nine Inch Nails, qui a offert son album The Slip (2008) en téléchargement gratuit sur son site web, Radiohead, qui a choisi de laisser les fans payer un montant de leur choix pour l'album In Rainbows (2007), ou encore le groupe québécois eXterio, qui offre L'album monstre (1ère partie : Le complot) en magasin, la deuxième partie sur Internet plus tard et la troisième partie à leurs spectacles seulement. Pour d'autres, l'emphase sera mis sur le visuel, l'art qui accompagne l'album, à l’instar de Tool, qui a offert une pochette impressionnante (lunettes intégrées à la pochette, permettant de visionner en trois dimensions les images du livret) avec leurs dernier album, 10,000 Days (2006). D'autres encore offriront des items qui ont leur place dans une collection, comme plusieurs groupes qui ont offert leurs derniers albums en package CD-DVD-Vinyle, ou des coffrets offerts en nombre limité.
La fermeture de nombreux distributeurs annonce peut-être simplement la diminution du nombre d'intermédiaires entre les artistes et les consommateurs de musique. Dans une telle situation, ce sont les magasins qui devront faire un effort supplémentaire pour aller chercher la musique directement à l'étiquette de disque, ou même à l'artiste self-released. Ils pourront alors vendre la musique moins cher.
La facilité de partage de musique sur Internet n'a évidemment pas aidé à ce que les labels, magasins et distributeurs de musique prospèrent, mais cela aura aidé plusieurs groupes, par le biais de Myspace, à émerger et à se faire connaître des étiquettes de disques majeures. Avec des menaces de poursuites l'an dernier, et même une condamnation aux États-Unis pour téléchargement illégal de musique, on aurait cru, et surtout voulu, que le phénomène diminue au moins un peu. Mais apparemment, les consommateurs ne sont plus prêts à payer pour leur musique. Certains prédisent l'arrivée de la distribution gratuite de musique, surtout avec la quantité d'artistes qui suivent l'exemple de Nine Inch Nails et Radiohead. Alors que plusieurs personnes pourraient être heureuses de la situation parce que celle-ci rend la musique plus disponible, il faut réaliser que les groupes devront faire leurs frais quand même et que ceux qui réussiront seront ceux qui ont déjà une carrière bien établie.
Bien sûr, peut-être que dans cinq ans, les choses auront encore changé, et rien de tout cela ne sera plus vrai. Par contre, ce qui ne change pas, c'est que l'industrie devra s'adapter à ce que le consommateur devient; c'est-à-dire plus pressé, plus exigeant et plus économe. Dans les mots de Franz Schuller, président d'Indica : «Il faut faire plus avec moins, il faut accepter de travailler très fort sur le long terme en sachant que les chances de faire beaucoup d’argent sont presque inexistantes aujourd’hui. C’est la passion qui compte, ceux qui l’ont feront encore de belles choses en musique, les autres iront vendre des chaussures».